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Histoire : un Sarkozy ne fait pas l'autre
Histoire du Professeur Rudolf Sarkozi : porte parole des Rroms d’Autriche
Hormis les syllabes d'origine hongroise de leur nom et un goût affirmé pour la politique, ils n'ont rien en commun : l'un, Nicolas Sarkozy, est chef de l'Etat français, et glabre ; l'autre, Rudolf Sarközi, visage rond et fières moustaches grisonnantes, n'est que conseiller d'arrondissement à Vienne, où il a travaillé jadis comme éboueur. Il est aussi le porte-parole le plus connu en Autriche de la communauté rom, un groupe protégé, depuis 1993, au même titre que les autres minorités – slovène, hongroise, tchèque, croate ou slovaque – issues de l'ancien empire des Habsbourg.
Rudolf Sarközi déplore que sa communauté, comme dans les autres pays d'Europe, soit trop peu présente sur le terrain politique, entre autre à cause de ses divisions. Les choses étaient sans doute plus simples à l'époque féodale, quand le comte Batthyany accordait sa protection aux Roms du Burgenland et les plaçait sous l'autorité exclusive de leur "voïvode" (chef régional), un certain Martin Sarközi.
Ce "voïvode" peut-il avoir une lointaine parenté avec la famille hongroise de Nicolas Sarkozy – version francisée de Sarközy –, anoblie en 1626 par l'empereur d'Autriche ? "Qui sait ?", se demande Rudolf Sarközi, qui note que ce patronyme est typiquement rom : "Certains, dans un souci d'intégration, l'ont même abandonné de crainte d'être stigmatisés."
Après l'élection de M. Sarkozy, en 2007, le président de l'Association culturelle des Roms d'Autriche lui a envoyé le livre où il raconte son combat pour la reconnaissance politique et juridique de sa communauté. Il aurait reçu un mot courtois du bureau de l'Elysée.