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Magazine d'informations sur les associations, et les services de la région de la forêt d'Eawy et ses alentours. Magazine historique, culturel et environnemental.

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Convention internationale : lutte contre le dopage

Mondialisation de la lutte contre le dopage

La première "Conférence des Parties de la Convention internationale contre le dopage dans le sport" s’est tenue à Paris du 5 au 7 février 2007. Elle réunissait les Etats ayant ratifié le texte adopté à l’unanimité par la Conférence générale de l’Unesco le 19 octobre 2005. Cette convention avait pour ambition d’harmoniser à l’échelle planétaire les règlements concernant le dopage dans tous les sports quel que soit le niveau auquel ils sont pratiqués. La Convention est entrée en vigueur le 1er février 2007. La conférence des parties vise à préciser les modalités pratiques de sa mise en oeuvre (adoption de la liste des substances et procédés interdits pour 2007, définition d’un mécanisme de suivi, etc...). En France une loi organisant la lutte anti-dopage a été promulguée le 5 avril 2006, mais la loi autorisant la ratification de la Convention internationale n’est parue au Journal officiel que le 1er février 2007.

 

 

 

 

Qu’est ce que le dopage
Le terme désigne non seulement l'action de doper ou de se doper mais aussi son résultat. Au sens figuré, se doper consiste à augmenter artificiellement la puissance, la qualité, le rendement de quelqu'un ou de quelque chose. Deux connotations apparaissent : l'une négative, celle de se droguer ; l'autre positive, celle de stimuler. Les premiers cas de dopage (appelé doping) ont concerné, au début du siècle, les chevaux. Par extension, la notion s'est appliquée aux humains.

Un peu d’histoire
La culture du cocaïer est répandue depuis la plus haute antiquité au Pérou et en Bolivie où les habitants mâchent les feuilles de la plante "divine".

Milon de Crotone, au VIe siècle avant J.-C., raconte dans ses chroniques sur les Jeux antiques comment les athlètes essayaient d'augmenter leur force physique par la consommation de quantités considérables de viande. Ce qui était interdit et sanctionné. Les sauteurs mangeaient de la viande de chèvre en raison des aptitudes de cet animal. Les lanceurs préféraient la viande de bœuf.

 

 Ve siècle av. J.C. : d'Hérodote à Marco Polo : Le chanvre indien est connu depuis des siècles. Hérodote raconte que les Scythes jetaient des pierres rougies au feu sur des graines de chanvre et qu'ils tiraient, des vapeurs ainsi dégazées, le plus aigu des plaisirs. Marco Polo lui-même rapporte que le "vieux de la montagne", le célèbre prince de l'Antiliban, récompensait ses disciples, les Haschichins (qui, par déformation sont devenus les assassins) en les enivrant de haschisch.

1492 : L'Amérique précolombienne avait ritualisé la cocaïne
Dans ce qui allait devenir l'Amérique latine, les peuples indiens employaient les feuilles de coca, un arbuste du Pérou dont on tire la cocaïne, aux propriétés toniques et antinévralgiques. Ils s'en servaient à des fins religieuses mais également pour entreprendre de longs parcours, au point d'en faire une unité de mesure : la cocada, distance parcourue sous l'effet d'une feuille de coca. On dit que tel village est à 4 ou 6 cocadas de marche ou bien qu'il faudra dix cocadas pour labourer un champ. Un coquero, c'est ainsi que l'on nomme le mâcheur de coca, chique ainsi quotidiennement de 25 à 30 grammes de feuilles, ce qui ne donne pas plus de 0,5 gramme de cocaïne. Ce demi-gramme suffit d'ailleurs pour tuer un homme, mais s'il est absorbé par les cocaïnomanes, il est de 5 à 10 grammes par jour.

1859 : "Isolée" : La cocaïne a été isolée pour la première fois en 1859 par le chimiste allemand Albert Niemann.

1884 : Freud "découvre" les propriétés de la coke : A cette époque le père de la psychanalyse travaillait en neurologie où il avait entrepris d'expérimenter cette drogue comme anesthésique. Pour des raisons familiales il ne terminera pas ses travaux sur ce sujet et confia la poursuite des recherches à son confrère Carl Koller. Celui-ci, excellent chirurgien, découvrit que la cocaïne exerce une action efficace sur les terminaisons nerveuses sensitives dont elle bloque le fonctionnement. Cet anesthésique local très puissant lui permit d'opérer les yeux sans être gêné par les mouvements du malade.

1886 : Boissons familiales à base de coca : on lance en France une boisson à base d'extrait de coca : le vin Mariani "fortifiant des familles". Il contient dix pour cent de teinture ; la dose est un verre à bordeaux après les repas, conseillé comme calmant et reconstituant. Une boisson américaine célèbre a suivi l'exemple une vingtaine d'années plus tard. Puis les législations s'en sont mêlées et l'extrait de coca a été supprimé en 1910.

1899 : De la coco pour les six jours cyclistes. Le docteur Max Novich rapporte dans la revue Abbotempo que "les entraîneurs donnaient souvent à leurs poulains de la cocaïne et de l'héroïne. A cette époque, c'est la cocaïne qui était plus largement utilisée comme stimulant par les cyclistes professionnels, mais son efficacité dépendait du dosage et de la façon dont elle était administrée. On la prenait généralement par voie buccale, mélangée avec de la caféine. Les entraîneurs de la vieille école qui ont utilisé ces préparations à base de cocaïne pour les "poulains" déclarent avec assurance qu'un coureur fatigué par une course de six jours retrouvait son deuxième souffle après absorption des ces mixtures".

1900 : Dans le Larousse médical. Dans le dictionnaire illustré de médecine usuelle, le docteur Galtier-Boissière la conseille en pommade pour les conjonctivites. L'efficacité de cette prescription était parfaitement connue des cyclistes dont les conjonctivites étaient exposées plus que quiconque aux poussières des routes non revêtues.

1912 : Avant la première guerre mondiale. En France, la coco fit ses premiers ravages en 1912. Le trafic était à peine clandestin. On trouvait de la "neige" dans les toilettes de toutes les boîtes de Montmartre, des Champs-Élysées, de Montparnasse et du Quartier Latin. Si pendant la guerre, le ravitaillement s'avérait plus difficile, les pilotes de chasse, quant à eux, ayant découvert qu'elle leur permettait de reculer de façon considérable la barrière de la fatigue, se bourraient de cocaïne avant de prendre les commandes de leur appareil.

1918 : Après la guerre. Nouvelle flambée de cocaïnomanie. Elle s'étend au monde entier et toutes les couches de la société furent atteintes. Les sportifs n'étaient pas les seuls. On vit des députés renifler une pincée de poudre avant de prendre la parole à la tribune de l'Assemblée nationale. En 1920, la France comptait au moins cent mille cocaïnomanes.

1924 : Remonter la pente.  Louis Lewin dans son ouvrage classique Phantastica raconte que l'ascension jusqu'à des altitudes de 5000 à 6000 mètres est facilitée par la coca.

C'est ainsi que l'on apprit sous la plume du grand reporter Albert Londres, envoyé spécial du Petit Parisien sur le Tour de France 1924, que les frères Pélissier, "forçats de la route" de renom, étaient comme la plupart des coureurs, des pharmacies ambulantes. Ils transportaient dans leurs poches de la cocaïne pour les yeux, du chloroforme pour les genoux, de l'aspirine pour les migraines et une quantité d'autres médicaments.

1925 : La schnouff dans les cagnas. René de Latour, ancien rédacteur au Miroir des sports, a vécu les coulisses du cyclisme pendant un demi-siècle. Il trahit le milieu cycliste en dévoilant la consommation de neige par les six daymen : "Reginald Mac Namara (Australien spécialiste des six jours) avait une petite valise qu'il n'ouvrait qu'à l'abri de tout les regard, après avoir tiré le rideau de sa guitoune. Pourtant,... il m'en confiait la clé et je dois avouer que je ne pus résister, certain soir, à la tentation d'inventorier le contenu de cette mystérieuse valise. Elle contenait des comprimés de cocaïne."

1948 : L'avis d'un médecin des sports.  Maurice Boigey, directeur de la cure d'exercice de Vittel, dans son ouvrage L'entraînement (aux éditions Masson), aborde en tant que moyen utilisé pour accroître le rendement physique : la cocaïne : "il est très difficile de savoir dans quelle mesure les sportifs emploient la cocaïne, mais quiconque est assez au courant de la situation ne mettra guère en doute que cette substance ne leur soit bien connue. Elle agit de manière efficace sur la sensation de fatigue ; elle peut donc, de ce chef, améliorer la capacité fonctionnelle au cours des efforts de longue durée. Toutefois, ce moyen de supprimer la sensation de fatigue (laquelle constitue normalement une sorte d'avertisseur nécessaire) n'est certainement pas inoffensif".

1963 : De l'herbe pour le torero. Miguel Guerra de Cea, dans son ouvrage Des toros et des hommes (aux éditions de La Table Ronde ), écrit : "le matador sommeille jusqu'à une heure de l'après-midi, lorsqu'il n'arrive pas à la dernière minute, pour partir à la plazza, après un bain de trente secondes et une bonne dose de marijuana". Billy Bello, boxeur poids welter, qui promettait beaucoup, meurt d'un empoisonnement à l'héroïne alors que deux semaines avant son décès il avait été soumis à des examens qui n'avaient permis de déceler aucun symptôme particulier indiquant qu'il s'adonnait à l'usage régulier de cette drogue.

1964 : Anesthésie contre les coups. Max Novich, chirurgien orthopédique assistant des United Hospitals de Newark, New Jersey (USA), révèle l'emploi de cocaïne comme anesthésique. "Certains boxeurs professionnels étaient massés par leur entraîneur avec des onguents contenant de la cocaïne. Ceci leur assurait une certaine anesthésie contre les coups tout en ayant un effet général stimulant."Max Novich rapporte dans la revue Abbotempo "la mort récente, par empoisonnement dû à l'héroïne du géant Paul "Daggy" Dipscomb, footballeur professionnel vétéran des clubs de Pittsburgh Steelers et de Baltimore colts, a ému le monde sportif."

1966 : Décret d'application du 10 juin 1966 : la liste des produits
Le décret d'application 66 373 précise quelles sont les substances destinées à accroître artificiellement et passagèrement les possibilités sportives et qui, par conséquent, sont interdites dans le cadre des compétitions sportives :"substances vénéneuses visées à l'article R.5.149 du code de santé publique", c'est-à-dire toutes les spécialités inscrites aux tableaux A, B et C :
tableau A : toxiques;
tableau B : stupéfiants, héroïne, opium, morphine, cocaïne ;
tableau C : produits dangereux.

1969 : Rick van Steenbergen inculpé pour trafic d'opium. L'ancien champion du monde de cyclisme se fait pincer avec un pain d'opium de dix kilos représentant 50 000 F. Son arrestation ne surprend personne. Selon plusieurs proches Rick 1 er avait même dû subir au cours des derniers mois, une cure de désintoxication.

1971 : Base-ball : programme de lutte anti-drogue. La plus importante ligue professionnelle des Etats-Unis met sur pied un programme de lutte anti-drogue pour ses licenciés. Le porte-parole de cette ligue, Bowie Kuhn, déclare: "c'est un secret pour personne : les joueurs de base-ball américains font un usage immodéré de produits dopants et, plus particulièrement de la marijuana, des amphétamines et des stimulants à base de benzédrine." A Munich, lors de la réunion de la commission médicale du comité international olympique, une liste de substances dopantes a été établie. On y trouve dans le paragraphe "a" : stimulants psychomoteurs aux côtés de l'amphétamine : la cocaïne et dans le paragraphe "d" : narcotiques analgésiques : l'héroïne.

1973 : Eric de Vlaeminck : 1er affaire. Le champion du monde de cyclo-cross s'est rendu coupable à plusieurs reprises d'usage de drogue et a même subi une cure de désintoxication dans un asile psychiatrique.

1975 : Boxe : overdose : Mando Ramos, champion du monde des légers en 1969 et 1972, perdit son dernier combat par KO en novembre 1975, alors que la nuit précédente, il fut victime d'une overdose d'héroïne.

Dans son ouvrage, Physiologie de l'activité musculaire, le chercheur du collège de Springfield rapporte les études effectuées par certains confrères : "Mosso a montré que 0,1 g de cocaïne retarde l'apparition de la fatigue. Thiel et Essig ont mis en évidence que l'endurance d'hommes et de femmes pédalant sur des bicyclettes ergométriques était augmentée si on leur faisait absorber 0,1 g de chlorhydrate de cocaïne par voie buccale. L'effet maximal était constaté 30 minutes après la prise. Herbst et Schellenberg, utilisant la même quantité de cocaïne, ont remarqué que la vitesse de récupération, après exercice sur bicyclette ergométrique, était augmentée."

1976 : L'herbe au secours des motards : Michel Rougerie, le champion français, aujourd'hui décédé, met en garde les pouvoirs sportifs sur la consommation d'herbe dans les grands prix : "depuis quelque temps, des odeurs suspectes se mêlent aux vapeurs d'essence. La marijuana a traversé l'atlantique dans les bagages des californiens. Les amphétamines serviraient également à  améliorer la "présence" des pilotes dans les passages stratégiques.

1977
: Eric de Vlaeminck : 2e affaire.  Le frère aîné de Roger de Vlaeminck a été arrêté pour avoir forcé un barrage de police. Il était recherché pour avoir présenté de fausses ordonnances médicales à un certain nombre de pharmaciens dans le but de se procurer de la drogue.

1978
: Des "Flakes" dans la piscine. Marc Foreman de l'Université du Tennessee, l'un des meilleurs dosistes américains, suspendu de toutes les compétitions internationales pendant deux ans, a avoué qu'il avait pris de la cocaïne, cet été, au camp d'entraînement de Colorado Springs. Un autre nageur et trois nageuses, avec Foreman sont incriminés par la fédération Américaine AAU qui a refusé de révéler leurs noms.

1979 : Séjour dans un centre de désintoxication. Darel Porter, l'un des protagonistes de la finale 1982 du championnat nord-américain de base-ball entre les cardinaux de Saint-Louis et les brasseurs de Milwaukee, avait, en 1979, séjourné dans un centre de désintoxication pour usage de drogue.

1980 : Coup de filet sur deux passeurs. Sam Lee Drummer et Ricky Wayne Brown, joueurs de la célèbre équipe des "Harlem Globe Trotters", ont été expulsés du brésil pour "passage" de drogue. Les policiers brésiliens ont en effet découvert dans leurs bagages de la marijuana et de la cocaïne.

Lawrence O'Brien, le commissaire de la NBA (National Basket American), sans trop croire à la réalité du fléau, s'est quand même résolu à faire adopter de timides mesures. "Tout joueur qui sera pris comme usager de drogue perdra sa licence de basketteur professionnel, mais il n'est pas question d'entreprendre des actions précipitées sur la base de simples allégations. Trois ans plus tard, le même O'Brien en convenait publiquement : "j'ai fait preuve de naïveté en déclarant que le problème n'existait pas dans le NBA"."

L'espagnol Guillermo del Riego, médaille d'argent aux derniers JO de Moscou, a été arrêté à Ceuta (espagne). Les douaniers ont découvert dans sa voiture et dans la semelle de ses chaussures, deux kilos de haschisch.

Chris Cobbs, journaliste au Los Angeles Times, au terme d'une enquête approfondie où il a interrogé toutes les parties prenantes du milieu du basket : entraîneurs, dirigeants et joueurs, révèle que dans le milieu du basket professionnel américain évoluent 40 à 75 % de drogués à la cocaïne. Parmi ces derniers, 10 % consomment de la "free base" dérivé dur de la coke dont les effets néfastes sont voisins de ceux de l'héroïne.

Dopage et sports professionnels
D'abord apparu au XIXe siècle dans le milieu du cyclisme, le dopage s'est progressivement étendu à l'ensemble des activités. Rançon du succès, plus un sport devient populaire, plus il est exposé au dopage. En Europe, trois disciplines sont concernées au premier lieu : le cyclisme, le football et le tennis

Le cyclisme
Tous les facteurs incitant au dopage font partie intégrante de l'organisation du sport cycliste : enjeux financiers, programmes de compétition surchargés, difficultés accrues des épreuves. En 1960, deux coureurs sont morts, dopés aux amphétamines : un cycliste en Suisse et le Danois Knud Enmark Jensen aux jeux Olympiques de Rome. En 1967, le coureur britannique Tom Simpson meurt durant le Tour de France après avoir absorbé des amphétamines. Dans les années soixante-dix, plusieurs cas de dopage aux corticoïdes sont repérés dans le cyclisme. Dans les années quatre-vingt, la généralisation de ce dopage est dénoncée par plusieurs coureurs. En 1991, l'équipe cycliste PDM est atteinte d'un "syndrome grippal", accompagné de problèmes intestinaux, résultats d'un dopage à l'EPO et à la cortisone. En 1998, des insuffisances hépatiques et rénales dues à l'EPO sont observées chez des coureurs cyclistes. On a assisté à une évolution dans le dopage qui s'est affiné au cours du temps : il est d'abord empirique (consommation d'éther, de caféine, de strychnine ou d'alcool), puis il cherche à agir sur certains symptômes (recours à la trinitrine, aux tonicardiaques, aux extraits thyroïdiens, aux analgésiques et aux amphétamines), enfin il influence la régulation hormonale de l'organisme (avec les corticoïdes), pour en arriver à la prise d'EPO.

Le football
Le dopage sévit dans le monde du ballon rond depuis quarante ans. En 1958, une enquête réalisée par l'Italien Ottani auprès des clubs professionnels italiens de football révèle que 27 % des joueurs de première division avaient utilisé des amphétamines, 62 % des analeptiques et 68 % des hormones et extraits hormonaux. 94 % des clubs étaient concernés. A l'heure actuelle, lors des coupes du monde et des championnats d'Europe, peu de cas ont été détectés. Certains footballeurs professionnels ont avoué être des consommateurs réguliers de tranquillisants. Depuis le printemps 1998, les juges italiens ont démantelé plusieurs réseaux de dopage (notamment à Bologne) qui alimentaient des clubs de première division (Turin, Parme...).

Le Tennis
Ce sport est la proie idéale pour le dopage avec un circuit professionnel surchargé et des enjeux financiers importants. En 1959, l'Espagnol Andrès Gimeno est le premier joueur à admettre avoir reçu des injections massives de testostérone. En 1969, l'Américain Jack Froner reconnaît la pratique courante du dopage dans les tournées professionnelles. En 1980, le Français Yannick Noah révèle que les joueurs du circuit ATP utilisent des amphétamines et de la cocaïne pour tenir le coup.

Les autres sports professionnels
Une enquête réalisée aux Etats-Unis en 1985 a montré que 40% des 700 joueurs professionnels de base-ball consommaient de la cocaïne. La proportion serait sensiblement la même chez les deux millions d'amateurs. En boxe, c'est surtout dans le circuit professionnel américain que les cas d'usage de stupéfiants sont les plus fréquents. On relève également un dopage spécifique à la boxe : la consommation d'amphétamines anorexigènes pour aider à perdre du poids et descendre dans l'échelle des catégories pondérales.

 

Dopage et sports amateurs

Si le dopage n'était pas au début l'apanage des seuls sportifs, il s'est peu à peu répandu dans le monde du sport à mesure que les enjeux devenaient importants. Le dopage s'est généralisé à la quasi-totalité des pratiques

L'athlétisme
L'athlétisme est à l'avant-garde. Depuis les années soixante, c'est une discipline-phare pour les recherches technologiques (sur le matériel) et pharmacologiques (sur les hommes). Dans la préparation des lanceurs puis des athlètes de toutes disciplines, le recours aux anabolisants s'est généralisé depuis 1960. C'est à cette époque que des records ont été battus au poids, au disque et au marteau. Les athlètes se sont transformés en cobayes pour les produits et méthodes dopants : l'autotransfusion a été testée par un athlète finlandais, l'électrostimulation a été appliquée aux athlètes soviétiques, l'hormone de croissance a été détectée pour la première fois en 1983 chez un athlète, lors de championnats du monde.

La natation
Dans les années trente, les nageurs japonais ont utilisé la trinitrine et l'oxygénothérapie (thérapie par l'oxygène et méthode dopante) pour améliorer leurs résultats aux J.O. En 1972, l'Américain Rick Demont est sanctionné aux Jeux de Munich pour s'être dopé. Depuis les années soixante-dix et jusqu'en 1989, la musculature hypertrophique et la raucité de la voix des championnes issues des pays de l'Est prouvent le recours à des hormones mâles. D'autres méthodes ont été employées par les entraîneurs de l'Est, notamment les grossesses provoquées, pour modifier le statut hormonal des nageuses. Les avortements qui ont suivi ces grossesses non désirée ont provoqué des séquelles psychologiques voire des stérilités chez certaines sportives. Depuis le début des années quatre-vingt-dix, les nageuses chinoises arborent une musculature très semblable à celle des nageuses est-allemandes...

L'haltérophilie
Les haltérophiles sont les premiers consommateurs d'anabolisants. Les androgènes y sont considérés comme des "engrais musculaires". En 1998 a été annoncé, dans la revue britannique Lancet, le décès d'un adepte du body-building atteint de la maladie de Creutzfeld-jakob. Celle-ci est due à l'absorption d'hormones de croissance extraites d'hypophyses humaines prélevées sur des cadavres atteints de cette maladie. D'autres cas risquent encore de se déclarer compte tenu de la période d'incubation de la maladie : il peut s'écouler de un mois à dix ans entre la contamination et les premiers symptômes.

Le dopage est un phénomène social de grande échelle. L'homme n'a jamais pu accepter ses limites physiques ou mentales. Le recours à la cocaïne chez l'écrivain, aux amphétamines chez l'étudiant, aux stimulants chez le manager, aux antidépresseurs chez le tourmenté, aux dopants militaires les plus sophistiqués chez les cosmonautes américains et soviétiques ou à la pilule Viagra chez l'homme s'inscrit dans une volonté d'amélioration des performances et de mieux-être.. Dans 95 p. 100 des cas, les substances utilisées sont des médicaments détournés de leur vocation thérapeutique: l'éphédrine (asthme) facilite la mise en action du sprinter en réduisant son temps de réaction, l'hormone de croissance (pédiatrie) augmente la masse musculaire de l'haltérophile, le Prozac (dépression) renforce la résistance à la souffrance du marathonien, l'EPO (anémie) augmente l'endurance du cycliste en stimulant le transport de l'oxygène dans le sang, la tacrine (maladie d'Alzheimer) est consommée par le pilote de formule 1 ou le joueur de golf soucieux de mémoriser son futur parcours, un bêta-bloquant (hypertension artérielle) réduit les tremblements du tireur, la Modafinil , pilule anti-sommeil prise par les militaires durant la guerre du Golfe, est récupérée par les navigateurs des courses en solitaires.

 

 

 

Les tests de féminité

Les fausses femmes

On connaît de très nombreux exemples de champions qui révélèrent sur le tard leur appartenance au sexe opposé. C'était notamment le cas de deux sprinteuses de l'équipe de France d'athlétisme après la guerre: Claire Bressolles et Léa Caurla. On pense également à la skieuse autrichienne Erika Schinegger, médaille d'or de la descente aux championnats du monde de 1962 à Portillo (Chili) ou plus anciennement à la coureuse tchécoslovaque Zdena Koubkova ou encore à la sauteuse en hauteur allemande Dora Ratjen. Dans les années 60, la situation était devenue ingérable. A l'issue des Jeux de Tokyo en 1964, on estimait que ces "fausses femmes" avaient raflés plus d'un quart des médailles d'or décernées dans les concours féminins. Quelques années plus tard, elles détenaient même 60% des records mondiaux dans les différentes disciplines de l'athlétisme

Transsexualité

Enfin  et pour compliquer le tout! - le monde sportif doit également faire face aux demandes de plus en plus nombreuses d'athlètes qui veulent poursuivre leur carrière après un changement de sexe. Cette situation était autrefois exceptionnelle. En tennis, on connaissait l'histoire de l'Américaine Renée Richards, anciennement Richard Raskin, qui disputait les tournois féminins des années 70. Plus récemment, on se souvient de la polémique suscitée par la sélection en équipe nationale de la vététiste canadienne Michelle Dumaresq ou des plaintes déposées en Australie par les adversaires de la footballeuse Martine (autrefois Martin) Delaney. La golfeuse australienne d'origine danoise, Mianne Bagger, revendique, elle aussi, une place sur le circuit professionnel féminin, neuf ans après avoir subi une opération chirurgicale pour changer de sexe. Elle fait valoir qu'elle ne tire aucun avantage de son passé d'homme et qu'elle se caractérise au contraire par un taux de testostérone plus bas aujourd'hui que celui de la plupart de ses concurrentes.

Nouvelle législation

Quelques mois avant les derniers Jeux d'Athènes, les autorités olympiques avaient été interpellées par la demande d'athlètes transsexuels de participer aux épreuves. Une enquête fut menée auprès des spécialistes de ce genre d'opération. Ceux-ci confirmèrent que le niveau de testostérone et la masse musculaire chutaient brutalement après un changement de sexe et au cours du traitement hormonal et que, dès lors, un assouplissement des règles ne poserait pas de problème. Une réponse positive fut donc donnée le 17 mai 2004 lors d'une réunion du CIO à Lausanne. Certaines conditions sont néanmoins requises, comme par exemple celle d'avoir suivi un traitement hormonal post-opératoire de deux ans minimum. D'anciens hommes peuvent donc participer dans les épreuves féminines. Notons que la situation inverse ne s'est encore jamais posée, c'est-à-dire une femme qui, après un changement de sexe, déciderait de s'inscrire dans les compétitions masculines. Mais, qui sait ce que nous réserve l'avenir 

 

 

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