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Magazine d'informations sur les associations, et les services de la région de la forêt d'Eawy et ses alentours. Magazine historique, culturel et environnemental.

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Une interview mémorable

Interview : Grand Reporter

 

Mémona Hintermann :

Grand Reporter pour France Télévision

 mémo

Mémona Hintermann a bien voulu se plier à l’interview pour le CNED, afin de partager son expérience avec nous. C’est un très grand privillège que d’avoir pu interviewer un si grand reporter de France Télévision. Ces instants furent riches d’enseignement.

 

Bénédicte Mouchard : Mémona Hintermann, acceptez vous de me parler de votre cursus scolaire par rapport à votre métier.

 

Mémona Hintermann : Je n’ai absolument pas fait l’école de journalisme. J’ai une maîtrise de droit. Mon métier, je l’ai appris sur « le tas ».

J’ai eu de la chance de rentrer très rapidement à la radio, et à la télévision. Quand je suis arrivée en France Métropolitaine, j’ai travaillé à  France 3, région Orléans.

 

Bénédicte Mouchard : Avez-vous travaillé aussi pour la presse écrite.

 

Mémona Hintermann : non, quand je l’ai fait c’était vraiment occasionnel.

 

Bénédicte Mouchard : Comment êtes vous devenue grand reporter ?

 

Mémona Hintermann : J’ai toujours été intéressée par la politique étrangère, notamment par ces pays étrangers qui souffrent, sont dans la misère. Dans les années 80, j’ai eu cette opportunité de faire des reportages en Europe orientale, tout un chacun se rappelle des événements dans l’ex-Yougoslavie. Je suis allée par la suite en Afrique, Pologne Tchécoslovaquie, Russie.

 

Bénédicte Mouchard : Vous êtes vous déjà sentie en danger dans vos déplacement ?

 mémo 2

Mémona Hintermann : Je n’aime pas trop en parler. Mais un des pires souvenirs fut lorsque nous avons été pris entre deux feux au Kosovo. Par contre, j’ai pu l’écrire, l’exprimer dans un livre que j’ai écris avec mon mari qui est aussi journaliste. Vous trouverez ce récit dans « Quand nous étions innocents » au éditions du Seuil. Vous y retrouverez les arrières plans, les coulisses de ces reportages à l’étranger.

 

Bénédicte Mouchard : Quel type de reportage vous donne du baume au cœur ?

 

Mémona Hintermann : J’apprécie quand les gens ont de l’espoir. Et cette vague d’espoir, je l’ai ressentie lors de l’élection de Barak Obama, et aussi à son investiture où j’étais présente.

 

Bénédicte Mouchard : Que pensez vous du Général Georgelin qui a déballé en public le prix déjà dépensés pour vos 2 confrères retenus par les otages en Afghanistan ?

 

Mémona Hintermann : Je trouve ça ignoble. Quand des militaires ou des espions français sont retenus otages, tout est mis en œuvre pour les sortir de ce piège et le public ne sait pas le montant des dépenses. C’est pour cette raison que c’est ignoble et injuste de dévoiler les dépenses pour ces deux journalistes.

Quand on va sur le terrain en temps de guerre, c’est pour monter des images, la réalité des choses. C’est indispensable que des journalistes y aillent malgré les risques.

 

Bénédicte Mouchard : J’ai remarqué  que dans certains pays du Moyen Orient vous êtes voilée, notamment en Afghanistan.

 

Mémona Hintermann : Pour une femme, être dans la rue, non voilée, est interdit par la loi. Je peux ne pas porter de voile quand je suis sur un toit.

 

Bénédicte Mouchard : En Afghanistan, en autre, quel aspect de votre métier préférez vous.

 

Mémona Hintermann : J’aime rencontrer les civils, les faire témoigner. J’ai beaucoup de plaisir à écouter les femmes. Je me souviens d’un reportage que j’avais fait en France où j’avais fait témoigner des femmes qui venaient d’arriver pour vivre ici. Ces contacts sont enrichissants.

 

Bénédicte Mouchard : Que pensez vous de la presse locale, régionale ?

 

Mémona Hintermann : Cette presse est indispensable. Les gens ont besoin que l’on parle d’eux, de ce qui se passe près de chez eux. Si l'on veut que le public lise la presse nationale, il faut déjà qu’il ait l’habitude de lire sa presse locale et régionale.

Quand je suis en déplacement dans les régions de France, je ne manque jamais de lire la presse régionale et locale de l’endroit où je suis.

 

Bénédicte Mouchard : et les journaux sur internet ?

 

Mémona Hintermann : Je suis nettement moins « accro » à internet. Au bureau, j’ai toute la presse à ma disposition, y compris la presse allemande, américaine. Et sur internet, il y a à boire et à manger. Je préfère le papier, toucher mon journal.

 

Bénédicte Mouchard : Je me doute que vous devez avoir un rythme de travail très agité. Je souhaitais vous demander comment vous arrivez à concevoir votre vie de femme, votre vie de famille.

 

Mémona Hintermann : Ce sujet est très délicat. Quoi qu’on en dise, il est impossible de concilier le travail et la vie de famille. J’ai eu de la chance que  cela se soit bien déroulé avec mes enfants. Je craignais surtout au moment de leurs adolescences. Quand on est plus jeune, on ne se rend pas compte que les absences répétées sont problématiques. Mais mes enfants m’ont toujours assurés que j’avais été là pour eux quand il y avait des problèmes.

 

Bénédicte Mouchard : Si vous pouviez changer quelque chose dans cette vie professionnelle, qu’est ce que ce serait ?

 

Mémona Hintermann : Ce sont ces absences à répétition pour mes enfants. Mais c’est avec le recul que je m’en rends compte, même si cela n’a pas porté à conséquence.

 

Bénédicte Mouchard : merci Madame de m’avoir accordé un peu de votre temps, je sais combien il vous est précieux.

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