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Magazine d'informations sur les associations, et les services de la région de la forêt d'Eawy et ses alentours. Magazine historique, culturel et environnemental.

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Les boucs émissaires de la presse : dernière partie.

 Littérature : La presse


2012 : HÉCATOMBE POUR LES ACTEURS DE L’INFORMATION

Source Reporters Sans Frontières

PUBLIÉ LE MERCREDI 19 DÉCEMBRE 2012. MIS À JOUR LE JEUDI 20 DÉCEMBRE 2012.

Suite de l’article :

 

Les 5 plus grandes prisons du monde pour les journalistes

Un nombre record de journalistes emprisonnés, la Turquie en tête

Jamais les geôles n’ont enfermé autant de journalistes. Au moins 193 d’entre eux sont détenus pour leurs activités. Auxquels il faut ajouter au moins 130 net-citoyens engagés dans des actions d’information.

 

La Turquie, plus grande prison du monde pour les journalistes

Au moins 42 journalistes et 4 collaborateurs emprisonnés en lien avec leurs activités professionnelles

Le nombre de journalistes emprisonnés s’établit à un niveau inédit depuis la fin du régime militaire. De timides réformes législatives n’ont guère ralenti le rythme des arrestations, perquisitions et procès qui s’abattent sur les professionnels des médias, le plus souvent au nom de la "lutte contre le terrorisme". Fondée sur des lois répressives, la pratique judiciaire demeure largement sécuritaire, peu respectueuse de la liberté de l’information et du droit à un procès équitable. Cet état de fait contribue à répandre un nouveau climat d’intimidation dans un paysage médiatique qui reste pour l’heure vivace et pluraliste. Reporters sans frontières a récemment terminé une série d’enquêtes de plusieurs mois sur les journalistes emprisonnés en Turquie. Parmi les 72 journalistes emprisonnés, l’organisation est parvenue à établir qu’au moins 42 d’entre eux sont détenus en lien avec leurs activités de collecte et de diffusion d’informations. De nombreux cas demeurent en investigation.

 

L’absence de progrès en Chine

30 journalistes et 69 net-citoyens emprisonnés

La Chine maintient le nombre de journalistes détenus à un niveau stable depuis des années. Parmi la centaine de prisonniers, la plupart ont été condamnés à de lourdes peines de prison pour "subversion" ou "diffusion de secrets d’Etat". Ils sont détenus dans des conditions difficiles. Les autorités locales, très sensibles à la mauvaise publicité que peuvent attirer des reportages sur la corruption ou le népotisme, continuent à arrêter des journalistes. De son côté, la police politique concentre ses efforts sur les militants de la liberté d’expression et les micro-blogueurs toujours plus inventifs pour contourner la censure.

 

L’Erythrée, un enfer carcéral

Au moins 28 journalistes emprisonnés

Le pays, plus grande prison d’Afrique pour les médias, a été coupé du monde après de grandes rafles, en septembre 2001, couplées avec la suspension de la presse privée. Aucun des vingt-huit journalistes actuellement incarcérés n’a eu droit à un procès, aucun n’a eu accès à un avocat, et rares sont ceux qui peuvent encore recevoir la visite de leur famille. Maintien à l’isolement, cellules souterraines, torture : les conditions de détention sont effroyables. Au moins sept journalistes sont morts en détention, au secret, ou se sont suicidés, dans l’indifférence et l’oubli. Parmi les dernières dictatures totalitaires de la planète, en dernière position dans le classement de la liberté de l’information, l’Erythrée laisse mourir à petit feu les hommes et femmes de médias qu’elle soupçonne d’atteinte à la sécurité nationale ou simplement d’avoir un regard critique vis-à-vis de la politique gouvernementale.

 

L’intolérance cruelle de la république des mollahs d’Iran

26 journalistes et 17 net-citoyens emprisonnés

En 2009, la situation de la liberté de la presse s’est considérablement détériorée avec la répression du mouvement de protestation qui a suivi la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence. Depuis, le pouvoir envoie régulièrement derrière les barreaux les acteurs de l’information qu’il estime avoir franchi la ligne rouge. L’état de santé de certains prisonniers est très préoccupant. Les détenus tombent sous le coup d’une double peine : ils sont privés de liberté et leurs proches font régulièrement l’objet de menaces, brimades et représailles s’ils osent parler à la presse. C’est également le cas pour ceux qui ont été libérés, menacés et souvent privés du droit de travailler suite à des pressions sur les médias qui les emploient.

 

Dans les geôles syriennes

Au moins 21 journalistes et 18 net-citoyens et citoyens-journalistes toujours emprisonnés

La répression en Syrie se traduit par des morts de journalistes et professionnels de l’information, mais les arrestations, si elles ont diminué en comparaison avec 2011, demeurent courantes. Le nombre de journalistes et de net-citoyens emprisonnés à ce jour demeure très élevé, plaçant le pays parmi les cinq plus grandes prisons du monde pour les acteurs de l’information. La torture est systématique, les autorités ne reculent devant rien pour obtenir des informations de leurs prisonniers et tenter de démanteler les réseaux d’opposants.

 

Baisse relative des arrestations et des enlèvements de journalistes

Sauf en Asie et dans les Amériques où les exactions progressent, les cas d’arrestations et d’enlèvements sont en baisse relative par rapport à 2011. L’an dernier, les acteurs de l’information ont été souvent pris à partie sur la voie publique lors de la couverture des manifestations et mouvements de mobilisations.

 

Ce danger “dans la rue” est pourtant loin d’avoir disparu, notamment en Syrie (au moins 51 arrestations, 30 agressions et 13 enlèvements de journalistes en 2012) et dans une moindre mesure au Bahreïn (18 arrestations et interpellations et 36 agressions). Il y est très compliqué de dénombrer de manière précise les arrestations d’acteurs de l’information au milieu des rafles ou arrestations ciblées visant les populations civiles. Par ailleurs, l’accès à l’information et sa vérification en Syrie sont très difficiles. Les chiffres présentés pour la Syrie sont donc clairement en deçà de la réalité. En Libye (7 arrestations en 2012 contre 28 en 2011) et en Egypte (33 arrestations et 63 agressions en 2012 contre 116 arrestations et 104 agressions en 2011), les arrestations et agressions ont fortement baissé après la chute de Mouammar Kadhafi et Hosni Moubarak. En Tunisie en revanche, le nombre d’agressions et de menaces a fortement augmenté en 2012, l’année 2011 ayant été marqué par un épisode révolutionnaire relativement court et peu répressif, en comparaison des autres pays qui ont connu des soulèvements populaires dans la région. Au Sultanat d’Oman, les autorités ont arrêté une trentaine de blogueurs pour tenter de mettre un terme à des mouvements de mobilisation faisant écho aux autres soulèvements dans le monde arabe.

 

Sur le continent américain, à Cuba, la répression a repris en intensité depuis 2011 contre les blogueurs et journalistes dissidents. Le Pérou conserve son triste record d’agressions annuelles, qui se chiffrent à chaque fois à près d’une centaine. Les augmentations les plus notables concernent l’Argentine, le Brésil et le Mexique. Cette situation est imputable à la polarisation croissante pour la première, à un contexte électoral tendu et violent pour le second, et à une situation de troubles politiques générés par les élections du 1er juillet - ajouté à une violence globale toujours alarmante - pour le troisième. La Colombie est la seule à afficher une baisse des agressions. Le pays n’en reste pas moins l’un des plus violents du continent pour les journalistes, avec le Honduras et le Mexique.

 

A l’inverse, les exactions ont augmenté en Asie, notamment en Inde, au Bangladesh, au Pakistan et au Népal. Avec un coup d’État qui ne dit pas son nom aux Maldives et une presse réduite au silence au Sri Lanka, le sous continent indien est la région d’Asie qui observe la plus forte dégradation en 2012. Le Congrès du Parti communiste chinois a été marqué par une recrudescence d’arrestations, d’agressions et d’actes de censures. De nombreux médias tentent de s’émanciper du contrôle du Département de la propagande et des autorités locales, mais le Parti communiste n’abandonne pas ce secteur "stratégique" et réinvente la censure.

 

Sur le continent africain, l’année 2012 a été marquée par l’apparition de violations au Mali, en particulier dans le Nord, mais également dans la capitale, Bamako (13 arrestations/interpellations, 8 agressions/menaces, 2 enlèvements et au moins 4 médias censurés). Les exactions et cas de censure connaissent une augmentation constante au Nigéria, en République démocratique du Congo, au Soudan et en Somalie. Une relative accalmie a été enregistrée dans des pays comme l’Ouganda, le Malawi ou l’Angola, touchés en 2011 par la répression de manifestations et de mouvements contestataires.

 

Un scénario qui se retrouve au Belarus, où le nombre d’interpellations “chute” à 31, un niveau toujours très préoccupant mais plus habituel, après une année 2011 marquée par des mouvements de contestation inédits et violemment réprimés. Les agressions, encouragées par l’impunité, continuent d’augmenter en Ukraine, pour atteindre un niveau très anormal dans un pays qui ne fait pas face à des problèmes sécuritaires particuliers. Le nombre d’arrestations et d’interpellations a doublé en Turquie, effet collatéral du regain de tension sur la question kurde.

 

La violence endémique explique le maintien d’un flux élevé du nombre de journalistes contraints de fuir leurs pays (73 recensés en 2012 ; 77 en 2011). Victimes de la terrible répression orchestrée par Damas, les acteurs de l’information syriens ont ravi à leurs confrères iraniens la première place du podium des journalistes s’étant résolus à l’exil en 2012. En Somalie, pour le seul mois de septembre, ils seraient plus d’une dizaine à avoir pris la route de l’exil.

 

Les nouvelles ne sont pas brillantes. Peut être un jour, notre pays sera-t-il surveillé, les journalistes ne seront-ils pas libres de leurs écrits, n’oublions pas que ce fut le cas sous le précédent régime. Même des cyberjournaux sont pris à partis par des citoyens chatouilleux, susceptibles. Heureusement que les gendarmes sont capables de faire la part des choses mais jusqu’à quand. Ne jamais citer un nom, sinon vous êtes bons comme la romaine pour la diffamation. Et là, pas de rédacteur en chef pour vous soutenir. Certains comme votre rédactrice ont une chance phénoménale : je n’ai rien à perdre, je n’ai pas de fric d’avance, je n’ai qu’une voiture vieillissante et une sclérose en plaque… En gros, la lutte continue ! A mes cyber- collègues, courage les amis, je suis solidaire de vous. J’ai une tendre pensée aussi pour les correspondants de presse, qui bossent comme des forçats, pour la plus part, font souvent le job des journalistes, et gagnent des clopinettes. Franchement, en la matière, il n’y a pas de justice ! Et là, je suis bien renseignée ayant été une ancienne correspondante de presse.

Alors courage, espérons, et avançons !  Il parait que les retours de manivelles peuvent être fulgurants, alors observons, patientons et ne perdons pas notre sens de l’humour.

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