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Magazine d'informations sur les associations, et les services de la région de la forêt d'Eawy et ses alentours. Magazine historique, culturel et environnemental.

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Faut-il avoir avoir peur des tziganes, des gitans, du peuple Rrom

Fait de société : une piqure de rappel

 

 

Une stignatisation indigne

Le 8 avril 2007, un article était paru dans Eawy News où je vous menais à la rencontre du peuple Rrom afin qu'il puisse être mieux connu et reconnu. Malheureusement, ce n'est toujours pas le cas. Ce peuple subit toujours la méchanceté active des gens, et désormais celle de la politique dirigeante du pays. Et oui, la France terre d'asile expulse de ses lieux comuns "les fils du vent." A quand les camps concentrationnaires ? Méfions nous des réminicence du passé.

 

En attendant, je vous invite à relire cet article, peu de choses ont changé, disont qu'elles ont plutôt empiré :

 

8 avril : Journée internationale des Roms

 

C’est le 8 avril 1971, que les Roms(ou Rroms), qui représentent la première minorité de l’Union européenne, choisissaient, malgré une situation encore difficile, les symboles de leur communauté ainsi que leur drapeau et leur hymne. Peuple nomade formé de quatre groupes (Les Kalderash, les Curara, les Lovara; les Boyasa), il fait partis de la famille des tziganes, souvent surnommé Romanichel (« peuple de Rrom » en Sinti Langue issue du mélange entre le Roumain et l’Allemand).

  

 

 

Une histoire très riche

C’est vers l'an 1000, que les Roms quittèrent l'Inde et l'Egypte dont ils sont originaires pour se rendre en Perse. En ce qui concerne l'origine des Roms, on estimait le plus souvent que ceux-ci seraient venus dans les pays chrétiens de l'Egypte. Or, dans nombre de pays, on les appela selon leur souche égyptienne supposée - Gitanos (en espagnol), Gypsies (en anglais), Gitans (en français) - mais ces noms dérivent, probablement, du nom de la région de l'Egypte Mineure au Péloponnèse en Grèce ou de la région de l'Asie Mineure. Dans les Balkans, on les a appelés par un nom qui avait été donné à l'origine à une secte manicheï de prêtres, Athiganoie - Atsiganos, d'où un nouveau groupe de noms - Zingaro (en italien), Tsigane (en français) Zigeuner (en allemand), Ciganie (en langues slaves) et Cikani en tchèque.   

 

 

Quand à la réponse de savoir qui sont les Roms, la réponse a été faite par hasard, en 1763, par Stefan Vali, étudiant hongrois en théologie, qui a rencontré à Leyden en Hollande, plusieurs Indiens, Malabars, étudiants en médecine. Vali a été étonné par leur ressemblance avec les Roms qu'il avait connus en Hongrie. Ne se contentant pas d'une impression extérieure, il a noté plus de mille mots malabars qu'ils utilisaient et leurs significations. De retour dans sa patrie, il s'est adressé aux Roms pour connaître la signification de ces mots. Il a été surpris par la ressemblance de leurs langues. Une étude détaillée de linguistes, historiens, ethnologues a suivi, prouvant  l'origine indienne des Roms.

Au début, ces gens provoquaient en Europe de la curiosité et leur allure exotique des interrogations sur les raisons de leur vie nomade et sur leur pays d'origine. Donc, au début, la population européenne a été indulgente à l'égard des nomades, les acceptant comme des pèlerins chrétiens repentis pour lesquels ils se prenaient. Les décrivant, les chroniqueurs les comparent à des Tartares. La peau foncée, ils s'approchaient des villes en de longues caravanes, à pied ou à cheval, les voitures bourrées de bagages, de femmes et d'enfants. L'Europe centrale avait encore en vive mémoire des attaques tartares. Se rendant bien compte de leur ressemblance avec les Tartares, les Roms se présentaient tels des gens paisibles et de bons chrétiens.

Parfois, on recevait les Roms cordialement, car ils apportaient une nouvelle technologie de traitement de fer et de métaux, de nouvelles expériences et venaient, comme ils le prétendaient, du Tombeau de Dieu. L'homme moyenâgeux qui demeurait toujours à la même place, concevait le cheminement comme une forme de sacrifice et de repentir. C'est pourquoi il considérait les gens qui voyageaient comme des repentis. Les Roms soutenaient ces idées par leurs propres légendes. Ils cherchaient à convaincre les citadins moyenâgeux qu'en cheminant ils devaient se repentir pour les péchés de leurs pères qui avaient refusé d'accepter la Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus, en se sauvant devant Hérode en Egypte. Une autre légende répandue justifiait la vie nomade comme une punition pour le refus du christianisme. Cette trahison devait être payée par un cheminement qui durait sept ans.  

 

 

 

 

Bref, ils atteignirent les Balkans vers le XIVème siècle. En se dispersant à travers l’Europe, ils se christianisèrent au contact de la population européenne. C’est en Europe de l’Ouest, qu’ils connaîtront leur plus grande vague de migration au XVIème siècle, où certain pays n’ont pas hésité  à les déporter dans les colonies africaines et Américaines. 

 
Jusqu’au XXème siècle, les Roms se retrouveront plus ou moins en bon terme avec les Européens. Mais, dès 1930, ils seront victimes de la politique raciale des nazis par l’extermination et le génocide. On dénombre entre 250 000 et 500 000 déportés et tués sur les 700 000 qui vivaient en Europe. Cette période porte pour les Roms le nom de Samudaripen, c’est à dire « meurtre total » en langue Romani.

Les Roms au XXI ième siècle

On estime qu’il y a entre 7 et 9 millions de Roms qui vivent en Europe. Beaucoup de Roms sont victimes de la "tziganophobie". Et celle-ci ne peut  être combattue que par la reconnaissance de leur histoire, de leur culture, et de leur contribution au patrimoine européen. Par l'ignorance ou par des d’idées reçus, ils sont encore victimes à différents degrés du racisme et de la discrimination.

 


Un devoir de mémoire

De nos jours, l’ampleur du génocide des Roms n’est pas assez reconnue auprès du grand public, et certain ignorent son existence. Cela est probablement dû au fait qu’il aura fallu attendre 1982 pour que l’Allemagne reconnaisse officiellement ses responsabilités et en France seulement 1997, pour qu’un Président de la République y fasse référence, dans une cérémonie en mémoire des victimes de la déportation.
En 2005, lors du 60ème anniversaire de la libération des camps, un hommage solennel a été rendu à toutes les victimes de cette barbarie, dont les Roms.  Ils ont été des oubliés de l’histoire au même titre que les sectateurs de la bible, les gays,…

 

 

Le négationnisme du Parti national tchèque sur l'extermination des roms pendant la Deuxième Guerre mondiale a suscité des réactions auprès de la minorité rom et des hommes politiques . Selon un article du 13-01-2006 de  Jaroslava Gissubelova  

Installé en 1940, d'abord en tant que camp de travail et d'incarcération pour Roms et personnes errantes sans domicile fixe, il a été, en 1942, transformé en camp de concentration pour Roms uniquement. Sur les quelques 1300 Roms internés à Lety, 326 y ont péri, dont 241 enfants. D'autres ont été transférés au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. En lieu et place d'un monument, une porcherie industrielle se trouve, depuis les années 1970, sur le site même des anciens baraquements. Suite à une initiative de Vaclav Havel, un modeste monument a été dévoilé, il a de cela dix ans, à un kilomètre de là. Les initiatives rom continuent de réclamer, en vain, le déplacement de la porcherie. Aujourd'hui, ils doivent, en plus, faire face à une nouvelle atteinte à la mémoire de leurs ancêtres disparus.

Le Parti national d'extrême droite a l'intention d'ériger à l'emplacement de l'ancien camp un mémorial portant l'inscription selon laquelle Lety n'était pas un camp de concentration. Selon la présidente du parti, Petra Edelmannova, ce mémorial doit être dédié aux patriotes tchèques qui le méritent, contrairement aux vagabonds et personnes à l'attitude antisociale que les Allemands avaient internés à Lety.

Son discours a profondément choqué les représentants de la minorité rom. Cenek Ruzicka, du Comité pour le dédommagement des victimes de l'holocauste rom, dont le père et le frère ont péri à Lety, se dit prêt à former une barrière humaine pour empêcher la construction d'un tel monument. Le délégué gouvernemental aux droits de l'homme, Svatopluk Karasek, mettra tous le moyens en oeuvre pour que le monument déshonorant le lieu de piété ne soit pas dévoilé. Selon Katerina Jacques, directrice du cabinet du vice-Premier ministre, Pavel Nemec, le Parti national manifeste ouvertement des sympathies envers le mouvement nazi et renoue avec le négationnisme de l'holocauste. L'affaire est considérée comme scandaleuse et provocatrice par la majorité de politiciens. Ils refusent aussi de mener une polémique concernant la question de terminologie, déclenchée l'année dernière par l'euro-député Miroslav Ransdorf (Parti communiste), à savoir si Lety était un camp de concentration ou d'internement..."

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