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Littérature : Document
Florence Aubenas : Ruse, mensonge et dissimulation
Avec Le Quai de Ouistreham, Florence Aubenas a choisi d’utiliser le journalisme « d’immersion ».
« Un journaliste digne de ce nom (…) s’interdit d’invoquer un titre ou une qualité imaginaires, d’user de moyens déloyaux pour obtenir une information ou surprendre la bonne foi de quiconque ». La Charte des devoirs professionnels des journalistes français de 1938 est sans équivoque. Pour la transgresser, il faut de bonnes raisons. L’une des principales est qu’avancer masqué permet de pénétrer dans des milieux inaccessibles par les moyens « loyaux », tels les maisons de retraites, le milieu mafieux,…
Le milieu des précaires, infiltré par Florence Aubenas, ne demande qu’à parler. L’ouvrage de Pierre Bourdieu, « La misère du monde », avait amplement donné la parole aux personnes en situation de précarité. Ce sujet n’est pas absent de l’information, ni même censuré.
La Méthode de Florence Aubenas est basée sur le mensonge et la dissimulation. Cette journaliste fait des conférences sur le métier de reporter, devant des étudiants, est elle un exemple en faisant l’inverse de ce que nous recommande la déontologie journalistique.
Elle aurait agit ainsi parce que « les médias ont du mal à rendre le réel ». « La déontologie veut c’est vrai que l’on annonce sa qualité de journaliste. Or il y a de nombreuses occasions où l’on cache sa carte de presse, la plupart du temps pour faire des sujets sur la vie ordinaire, explique Aubenas. Pourquoi? Parce que la majorité des gens n’ont pas envie de parler à un journaliste! Tendre un micro c’est avoir le contrôle, or justement ce que je voulais c’était voir l’ordinaire, sans piédestal. Je me suis donc mise à hauteur d’homme.
On notera tout de même que dans le domaine les sciences sociales qui pratiquent des enquêtes similaires, ils n’utilisent jamais ce type de méthodes, considérées en dehors de la déontologie et de l’éthique professionnelle…
Florence Aubenas est-elle le Zorro de l’information, au dessus des règles de la déontologie de la profession, ou mérite-elle un zéro pointé pour un manque flagrant de professionnalisme.
Une enquête d’‘infiltration ne peut pas être équilibrée. La prise de distance est caduque. C’est le cas pour « Quai de Ouistreham »
Pour atteindre le résultat final, il faut payer un prix colossal, mentir en continu pendant six mois à des gens dont on va raconter ensuite des pans entier de leurs vies Car Florence Aubenas est entrée dans l’intimé de nombreuses personnes qui avec qui elle a partagé des repas, des fous rires. La confiance a été trahie, et l’on comprend que Mauricette, le chef d’équipe sur le ferry, n’ait « pas vraiment apprécié », même si les identités ont été changées.
Florence Aubenas partagera-t-elle ses royalties avec les personnes dont elle a trahi la confiance ? Les protagonistes involontaires de cette enquête doivent avoir un goût amer en bouche. La forme de mépris que souhaitait dénoncer Florence Aubenas, n’est-elle pas du même acabit que celle qu’elle a eu, à l’égard de ces personnes pour les « besoins » de son enquête.
Un bon journaliste en analysant les méthodes de Florence Aubenas doit se sentir mal à l’aise. A quoi bon la notoriété, quand on trahit les gens. Des milliers de journalistes en France respectent la déontologie, pourquoi ne s’y est-elle pas soumise ? Par paresse, solution de facilité. ? Dommage, ce n’est pas à sa gloire.