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Magazine d'informations sur les associations, et les services de la région de la forêt d'Eawy et ses alentours. Magazine historique, culturel et environnemental.

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L'obésité infantile, première partie

L’obésité ou le surpoids chez les enfants, qu’en est-il ? Et comment réagir ?

L’obésité infantile est une préoccupation mondiale. Il est plus que temps de se rendre compte des problèmes et d’agir en conséquence.

Puisque la croissance et la prise de poids ne surviennent pas au même moment chez tous les enfants, comment savoir si notre enfant a un réel problème de poids? Dans « La sage bouffe de 2 à 6 ans », Louise Lambert-Lagacé nous donne quelques indices. Si un enfant de 3 ou 4 ans a pris plus de 2.5 kgs au cours de la dernière année sans avoir de problèmes médicaux, Mme Lambert-Lagacé conseille de tenter de ralentir le rythme de gain de poids de l'enfant par un menu approprié et d'accroître son activité physique. «Il ne s’agit pas de faire beaucoup maigrir l'enfant, car à cet âge, une perte de poids nuit au développement global de l'enfant. Si un enfant de 4 ans a pris 7.5 kgs en 1 an soit l’équivalent de ce que plusieurs enfants gagnent en 3 ans, l'objectif du traitement vise à maintenir le même poids jusque vers l'âge de 6 ans, ou jusqu'à ce que le poids de l'enfant soit mieux adapté à sa taille», précise la diététiste.

Comme tous les spécialistes, Louise Lambert-Lagacé insiste sur l'importance de faire participer toute la famille à l'adoption de bonnes habitudes alimentaires. L’enfant ne doit pas se sentir puni ou privé de nourriture, car il risque de développer une relation malsaine avec les aliments, ce qui peut entraîner des troubles alimentaires à plus long terme. «Les enfants obèses sont soumis à de telles pressions que leur estime de soi et leur confiance en la vie peuvent être sérieusement ébranlées, prévient, pour sa part, la diététiste Nicole Doucet. C’est pourquoi une approche en douceur, basée sur la patience et la persévérance, a beaucoup plus de chances de réussir.» Mme Doucet rappelle les trois règles d'or : le contrôle du régime alimentaire non restrictif, adapté aux goûts et aux besoins nutritifs de l'enfant, la planification d'activités physiques plaisantes pour l'enfant, dont des activités familiales, et, évidemment, l'apprentissage de saines habitudes alimentaires.

Où est la bonne moyenne?
À la naissance, 12 à 15 % de la masse corporelle totale correspond à de la graisse. Durant les premiers mois de vie, cette proportion de graisse, indispensable au développement de l'enfant, augmente pour atteindre 21 à 23 % vers l'âge de 1 an. Ensuite, jusqu'à 6-8 ans, cette proportion de graisse diminue régulièrement. L’enfant est dans sa phase maigre qui inquiète parfois inutilement les parents. Par la suite, la quantité de graisse corporelle augmente à nouveau, jusqu'à la fin de la croissance. Selon certaines études, plus ce «rebond de corpulence» survient prématurément, avant 5 et demi ans, plus l'enfant risque d'être gros à l'adolescence.

L’obésité est une question complexe qui relève de plusieurs facteurs : hérédité, habitudes alimentaires, activité physique, situation familiale, etc. Selon l'Institut national de la nutrition, la probabilité qu'un enfant devienne obèse serait de 10 % s’il a des parents de poids normal, de 40 % si un des parents est obèse, et de 80 % si les deux parents sont obèses. Mais, rappelle l'Institut, tous les enfants obèses ne deviennent pas des adultes obèses. «Il est fort difficile de prédire le poids, à 40 ans, du jeune enfant joufflu, souligne la diététiste Louise Lambert-Lagacé dans « La sage bouffe de 2 à 6 ans » (Les Éditions de l'Homme). Le problème n’est pas irréversible s’il est détecté à temps et traité  correctement.

Quels conseils pouvons nous donner aux parents pour éviter la surcharge pondérale de leurs enfants ?

Les conseils seront toujours couplés de conseils alimentaires et de lutte contre la sédentarité, pouvant être renforcés chez des enfants qui ont des parents obèses.

1. Le risque principal à court terme, à cet âge-là est la mise à l'écart par ses camarades et les moqueries, sources de perte d'estime de soi. L'enfant va se replier sur lui-même et ne va plus participer principalement aux activités collectives. Cette stigmatisation peut vraiment entraver la vie quotidienne de l'enfant obèse.

 

 

2.  Le bébé, le nourrisson : il faut conseiller l'allaitement maternel et un lait maternisé adapté et de ne pas donner de lait de vache avant l'âge de 1 an. La diversification ne doit pas être trop précoce et les portions doivent être augmentées progressivement.
Si le bébé pleure, évitez de donner systématiquement le sein, le biberon ou plus tard un biscuit : il n'a pas forcément faim.
Pour stimuler sa motricité, laissez votre bébé le plus possible sur son tapis d'éveil et diminuez le temps de transat (qui ne lui permet de faire bouger que sa tête et ses jambes !)

3. Dans la petite enfance : l'enfant peut consommer les mêmes aliments qu'un adulte mais l'attention doit se porter sur les quantités qui doivent progressivement augmenter selon les besoins.
Il faut lui apprendre à structurer sa journée sur les repas, et il ne faut pas le laisser manger tout au long de la journée. C'est à cet âge qu'il faut lui apprendre à ne pas grignoter entre les repas, car l'alternance entre repas et période de satiété est essentielle pour la régulation nutritionnelle et pour l'établissement de ses capacités à ajuster sa consommation alimentaire. Cet apprentissage ne peut pas se faire chez un enfant qui grignote souvent.
Lors du repas, il faut lui apprendre à manger doucement et à mâcher ses aliments. Les repas ne doivent pas être pris devant la télé car en face du petit écran on ne mesure pas ce que l'on mange.
Il faut proposer de l'eau systématiquement à table et adopter des règles diététiques simples et adaptées en quantité à l'âge de votre enfant.
Evitez de le récompenser systématiquement par des friandises qui devront être banalisées et intégrées dans l'alimentation quotidienne.
Il faut l'encourager à bouger (vélo, roller, trottinette, piscine etc…) en plus des sports qu'il pratique et réglementer le nombre d'heures passées devant la télé et les jeux vidéo (moins de 2 h par jour). Montrez leur l'exemple surtout le week-end !

4. Le grand enfant et la période péri pubertaire : c'est le moment où ils grandissent le plus, il faut donc ajuster les quantités aux besoins de la croissance et corriger les manques et les erreurs à l'extérieur. Mais à cet âge les différences interindividuelles sont parfois très grandes et sont marquées entre les garçons et les filles. Il faut savoir expliquer à une petite fille de 9 ans qu'elle ne peut pas manger comme son frère de 15 ans (en quantité et non en qualité !!!). A cet âge les garçons auront toujours tendance à développer du muscle en grandissant alors que la jeune fille acquiert naturellement de la masse grasse !
Même s'ils deviennent plus autonomes il ne faut pas démissionner : il faut garder les mêmes conseils diététiques que pour les plus petits ! Eduquer c'est répéter !
La pratique régulière d'un ou plusieurs sports est conseillée. Attention à la télé et à l'ordinateur (en tout pas plus de 3 h par jour). 

5.  A l'adolescence : c'est un moment difficile car votre enfant va développer un comportement alimentaire propre de son âge. Ses goûts et son comportement alimentaire vont ressembler à ceux du groupe auquel il appartient. Cette période est nécessaire pour lui-même si elle est conflictuelle. Grignotages, destructurations des repas, goûts spéciaux, etc : tous ces comportements sont des comportements standard à cet âge, inclus dans un processus de bordel normal.

6. Continuez sans démissionner. Restez fidèles aux mêmes principes, même si vous pensez que votre enfant ne vous écoute pas.

La prévention a bien meilleur goût, mais aussi la valeur de l'exemple parental
Voici quelques précieux conseils de la diététiste Nicole Doucet:
- Nourrissez votre bébé sans le gaver. 
- Servez des portions plus petites et n’insistez pas pour que chaque bouchée dans l'assiette soit avalée (l'appétit peut varier d'un enfant à l'autre).
- Favorisez l'acquisition de saines habitudes alimentaires dès le plus
jeune âge. 
- Évitez de lire, d'écrire, de regarder la télé ou de faire toute autre activité en mangeant. 
- Apprenez à vos enfants à savourer et à déguster les aliments. 
- Créez une atmosphère agréable autour de la table au moment du repas. 
- Mangez de tout, avec modération (évitez d'étiqueter les aliments comme bons ou mauvais, les gâteries ont leur place à l'occasion). 
- Encouragez l'activité physique
- Mangez trois repas par jour
- Permettez les collations nutritives pour tempérer l'appétit et l'humeur. 
- Étanchez la soif avec de l'eau; les jus de fruits sont nutritifs mais aussi caloriques. 
- Brossez vos dents après avoir mangé (cela enlève le goût des aliments et le goût de continuer à manger).
- Optez pour une petite assiette bien remplie (l'impression d'abondance s’avale mieux). 
- Prenez le temps de savourer les aliments. 
- Étirez les services, la satiété met environ 20 minutes à se manifester

Quel est le risque "médical" pour un enfant obèse ?

 

1.      Le risque principal à court terme, à cet âge-là est la mise à l'écart par ses camarades et les moqueries, sources de perte d'estime de soi. L'enfant va se replier sur lui-même et ne va plus participer principalement aux activités collectives. Cette stigmatisation peut vraiment entraver la vie quotidienne de l'enfant obèse.

2.       Les risques "somatiques" à court terme sont :
    l'hypertension artérielle,
    la hausse des triglycérides (graisses dans le sang), risque de maladies       cardiovasculaires,
    un diabète (non insulinodépendant, rare mais possible),
    les problèmes articulaires qui sont graves pour les activités sportives,
    ostéonécrose de la tête du fémur chez les grands obèses.

3.      Pour les enfants très obèses, il y a le risque du syndrome d'apnées du sommeil qui peut donner des troubles de la scolarité (mauvais sommeil et somnolence dans la journée qui peuvent empêcher la mémorisation et l'attention).

4.      Il ne faut pas oublier le risque des régimes non adaptés à l'âge et aux besoins de l'enfant. En dehors des carences nutritionnelles (surtout en vitamines et oligo-éléments), ces régimes très restrictifs sont suivis en général d'une reprise pondérale rapide très déstabilisante psychiquement pour l'enfant.

L'obésité en terme financier

En Europe, on estime à 2 % la part des dépenses de santé attribuable à l'obésité, dont un tiers lié à la prise en charge de l'hypertension.
D'après l'OCDE, le délai qui s'écoule entre l'apparition de l'obésité et les problèmes de santé qui en résultent (tels que le diabète, l'hypertension, les maladies cardiovasculaires et l'asthme) laisse prévoir une augmentation des dépenses de santé dans l'avenir.
Cette hausse des dépenses de santé sera "supérieure à celle du tabagisme".

 

Des statistiques inquiétantes
Une étude canadienne révèle qu'au cours des 15 dernières années, les cas d'obésité ont augmenté de plus de 50% chez les enfants de 6 à 11 ans et de 40% chez les 12 à 17 ans. Même les français, qui se croyaient à l'abri de ces méfaits, ont connu une progression des cas d'obésité infantile de 30% en 10 ans. Aux États-Unis, on estime à l'heure actuelle que le quart des enfants sont obèses.S’il faut porter une attention particulière à cette situation, il ne faut pas céder à la panique pour autant. Tous les spécialistes s’entendent pour adopter une approche pondérée, car dans la majorité des cas, le problème peut être corrigé en y mettant l'énergie nécessaire.

La France n’est pas épargnée. Elle occupe une position intermédiaire dans la prévalence de l’obésité et du surpoids chez l’enfant en Europe. Toujours selon un rapport européen, 18% des petits Français seraient en surpoids, dont environ 4% d'obèses.

D'autre part, une étude, publiée en 2003 par la Drees (la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) chez des enfants de 5-6 ans, montre une disparité régionale dans la prévalence de la surcharge pondérale. La Corse , l’Alsace et le Languedoc-Roussillon se distinguent par une forte proportion d’enfants en surpoids
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