Magazine d'informations sur les associations, et les services de la région de la forêt d'Eawy et ses alentours. Magazine historique, culturel et environnemental.
Auffay : Conférence
Le Clos Masure en Pays de Caux
La bibliothèque d’Auffay organise, aujourd’hui ,le vendredi 4 avril à 18 h, dans la salle des fêtes de la commune, une rencontre avec M.Vandecandelaere qui nous racontera l’histoire du clos masure. En attendant, quelques explications dans Eawy News…
Ce paysage est inclassable pour les géographes, il demeure aussi une énigme pour les historiens.
Ce patrimoine rural du passé a-t-il un avenir dans notre cadre de vie ?
Appel aux littéraires
Les guides touristiques régionaux se font l’écho des émotions relatées par les voyageurs et les écrivains des siècles d’antan tels Maupassant et Flaubert. Nous attendons de contempler la floraison des pommiers, la plaine, les arbres et le ciel ainsi que les talus plantés appelé « fossés ».
Le pays de Caux vu par un géographe au début du XXe siècle
Le nom de Haute-Normandie se présente de lui-même à l’esprit quand, vers Yvetot ou Yerville, on embrasse autour de soi l’horizon. De larges ondulations se déroulent à perte de vue. On a gravi péniblement l’accès. Que l’on vienne de Rouen, du Vexin ou du Pays de Bray ou du rivage de la mer, il a fallu s’élever le long d’étroites vallées tapissées de hêtres, on a franchi des lambeaux de forêts, réduites aujourd’hui, mais qui jadis couvraient tous les abords, et voici maintenant que s’étend un pays découvert qu’aucune ligne de relief ne borne à l’horizon. Entre les champs de blé, dont les ondulations contribuent à amortir encore les faibles ondulations du sol, se dessinent ça et là des bandes sombres : ce sont des rangées d’arbres derrière lesquels s’abritent les fermes ou à travers lesquels se dispersent les maisons des villages. Estompées dans la brume, ces lignes forment des plans successifs. Cela donne une impression à la fois d’ampleur et de hauteur.
Selon le Vidal de la Blache, Tableau de la géographie de la France, Editions de la table ronde, 1904.
Description du Pays de Caux dans un guide touristique du XIXe siècle
Les terrains de cette contrée sont généralement peu accidentés. C’est une plaine immense sur laquelle sont plantées, autour de chaque ferme, de très hautes futaies, qui ont la double mission d’abriter en été le laboureur des ardeurs du soleil, et de protéger le chaume de ses bâtiments aratoires contre l’impétuosité des ouragans d’automne.
Selon le Guide-Joanne, Itinéraire général de la France, Normandie, troisième édition, paris, Hachette, 1881.
Observations géographiques
Situés sur le plateau entre la mer et la Seine, à l’Ouest d’une ligne Dieppe - Auffay - Clères, les clos-masures dessinent la géographie du Pays de Caux. Dans les « Pays » voisins, Roumois, Pays de Bray, les masures offrent des variantes. En Basse-Normandie, le clos augeron et le plant bocain s’en approchent.
Avec son plateau de limons argileux fertiles, très épais autour de Yerville, Fauville, Goderville, sur un substrat de craie blanche du crétacé, atteignant 100 à 200 mètres d’altitude et son climat océanique très humide à nuance continentale, le Pays de Caux a une forte identité géographique. La faiblesse du réseau hydrographique de surface dans la partie centrale, la faible teneur en chaux des limons, la pluie et le vent nécessitent des trucs et astuces.
Description du paysage
Le clos-masure est une parcelle bâtie, herbagère et complantée, enclose de talus plantés, appelés « fossés », correspondant au siège d’une exploitation agricole.
Le « fossé » répond aux contraintes climatiques. Cette clôture végétale représente surtout un brise-vent efficace contre les vents de la mer violents à l’automne et une protection contre le froid hivernal. Elle crée un microclimat favorable à l’élevage et à l’arboriculture (+ 3° l’hiver). En outre, l’ébranchage, permet d’avoir une réserve de bois.
Sur le plateau, la mare est une réponse aux problèmes hydrologiques.
L’organisation du clos masure
Siège d’une exploitation agricole, le clos-masure a une superficie correspondant souvent au dixième de l’exploitation d’origine. Les superficies varient entre un demi à quatre hectares. Les Cauchois disent la « cour ». Cette unité reste le cadre de vie exclusif des exploitants cauchois.