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Magazine d'informations sur les associations, et les services de la région de la forêt d'Eawy et ses alentours. Magazine historique, culturel et environnemental.

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Une pétition falacieuse ?

Culturel : la mort de la musique à Quimper

 

Il faut toujours vérifier ses sources !

Cette semaine, vous avez eu le texte d’une pétition pour que les musiciens puissent jouer librement dans les bars – cafés de Quimper et d’ailleurs. 

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En toute honnêteté, la cause me semblait louable jusqu’au message d’Alan Carter, intermittent du spectacle, habitant de Cressy. Il a envoyé à Eawy News le texte de la CGT spectacle de Rennes à propos de cette affaire :

 

 

Mort annoncée de la musique vivante ?

 

Mais pour qui roulent certains cafés quimpérois ?

Depuis plusieurs semaines, des propriétaires de débits de boissons de Quimper s’insurgent contre une démarche de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne qui leur a enjoint de se conformer à la loi régissant l’activité des entrepreneurs de spectacles. Pour les soutenir, une pétition est proposée à la signature des « consommateurs et bretons mélomanes ». Cette pétition est le fait d’ignorants ou de manipulateurs.

 

La loi en question fait obligation à toute personne qui exerce une activité lucrative d’organisation de spectacles de détenir une licence, accordée (gratuitement) par le préfet du département après avis d’une commission consultative composée de représentants des pouvoirs publics, des professionnels et de personnes qualifiées.

 

Il est inexact de dire que cette loi est obsolète puisque sa dernière modification date de 2000, sous le gouvernement de Lionel JOSPIN, à moins qu’on ne déclare obsolète toute loi qui tend à protéger l’artiste du spectacle comme l’ordonnance dite « de 1945 ». En effet, depuis 1945 la licence est obligatoire et c’est en 1994 que la licence a été régionalisée. Cette loi dans sa version actuelle est la résultante de la lutte que mènent depuis de nombreuses années à travers leurs organisations professionnelles les artistes et techniciens et les entrepreneurs de spectacles pour lutter contre le travail illégal et la concurrence déloyale qui en résulte. Son principal motif est le respect du droit social et du droit d’auteur

dans le secteur. A l’occasion des débats parlementaires de 1999, l’accès à la direction d’une entreprise de spectacles a été rendu beaucoup plus facile qu’auparavant, contrairement à ce que laisse entendre les protestataires quimpérois.

 

La démarche de la DRAC s’inscrit dans l’obligation de tout fonctionnaire à signaler tout fait pouvant constituer un délit. Le fait d’exercer une activité d’entrepreneur de spectacles sans être titulaire d’une licence est passible d’une amende de 30000 euros et/ou d’une peine de prison ferme de 3 ans. Il est à noter que de nombreux établissements du Finistère sont titulaires de cette licence et que cela n’a pas mis en péril leur activité puisque certains d’entre eux la détiennent depuis plus de 10 ans et sont reconnus comme de véritables lieux de spectacles, avec une vraie démarche d’aide aux nouveaux talents. C’est plutôt l’activité illégale de certaines entreprises qui prônent la loi de la jungle qui leur porte préjudice.

 

Il est inexact de dire que l’intervention de la DRAC est due à une dénonciation malveillante. La théorie du complot n’existe que pour convaincre les naïfs. La DRAC n’a fait qu’une démarche normale, volontairement informative plutôt que répressive, comme elle la réalise sur toute la Bretagne, demandant aux organisateurs de spectacles, ici des bars-concerts de Quimper, de se mettre en conformité avec la loi : obligation d’être titulaire d’une licence pour organiser plus de 6 représentations par an, respecter les tarifs des conventions collectives (pour les cafés concerts, c’est la convention collective « Théâtres Privés » qui trouve à s’appliquer pour l’emploi d’artistes) et être à jour de leurs cotisations sociales, respecter les droits d’auteurs, veiller à la sécurité des publics, etc.

 

Ce qui est particulièrement choquant dans cette affaire, n’est évidemment pas le rôle de la DRAC, mais le fait de devoir, 8 ans après son décret d’application, rappeler à des organisateurs de spectacles se disant professionnels que cette loi existe, qu’elle a été conçue pour sortir les artistes et les organisateurs de la marginalité où certains aimeraient les laisser croupir. Il serait même choquant, à travers cette lamentable histoire, de s’apercevoir que c’est la DRAC qui met un coup de pied dans la fourmilière alors  que les autorités de proximité auraient du réagir depuis longtemps

 

La défense du spectacle vivant passe par la défense de ceux qui le font vivre. Que des employeurs du spectacle pensent qu’une loi les obligeant à respecter les artistes qu’ils embauchent les gène, cela paraît plutôt en concordance avec la philosophie ultralibérale développée depuis plus de 5 ans par les gouvernements Raffarin et Villepin et portée à son paroxysme avec le président SARKOZY. Ceux-là organisent la casse systématique des droits sociaux et les entrepreneurs de spectacles qui se refusent à cette loi sont leurs complices objectifs.

 

Il est aussi inexact de faire croire au non initié que la réglementation sur le bruit est liée à celle sur la licence d’entrepreneur de spectacles. Ces deux législations sont indépendantes et l’honnêteté devrait inciter les initiateurs de la pétition à rappeler que la législation sur le bruit ne relève pas de la DRAC.

 

Le fait que les collectivités territoriales ne sont pas suffisamment engagées dans les politiques de soutien à la création et à la diffusion musicales ne sauraient justifier que les entreprises privées de Quimper qui prétendent s’y substituer le fassent dans une démarche ultra libérale chère à Madame PARISOT, c'est-à-dire hors de tout cadre légal. A tout le moins, il est utile de rappeler que les subventions publiques en cette matière sont largement sollicitées par des structures privées. Mais cela imposerait, pour les obtenir, que les initiateurs de la pétition décident d’avoir une véritable réflexion sur leur fonction et leur métier : être organisateur de spectacles compétent ne se mesure pas à la taille de la structure.

 

Enfin, il faut arrêter avec l’esprit détestable de la Star-Ac : les artistes, même « débutants » n’ont pas besoin qu’on daigne leur concéder une « chance » ! Les artistes ont besoin de véritables entreprises de spectacles, dirigées par des personnes dont le véritable métier est d’être entrepreneur de spectacles.

 

Enfin, que des artistes soutiennent cette démarche patronale, cela laisse songeur quant à leur lucidité politique et sociale, ainsi que l’avenir qu’ils se réservent. Si l’artiste a une responsabilité vis-à-vis de son public, est-ce vraiment d’aider à la déstructuration de la société ?

 

Union de Bretagne des Syndicats du Spectacle CGT

 

Rappel : les organisations CGT des comédiens, des musiciens, des techniciens et des auteurs-compositeurs sont membres de la commission consultative d’attribution de licences d’entrepreneurs de spectacles.

 

 UNION DE BRETAGNE DES SYNDICATS DU SPECTACLE - CGT

8, rue Saint Louis, - 35000 RENNES

Tél. : 02.99.79.44.47 – Fax : 02.99.79.68.34

 

 

Désormais, tous les éléments sont entre vos mains pour décider si vous signerez ou non cette pétition. Mais réfléchissons bien aux véritables intérêts des artistes. Ne méritent-ils pas une vraie rémunération, avec la prise en compte de leurs charges sociales. Il serait vraiment dommageable de rendre encore plus précaire le métier d’artiste.

 

Merci Alan pour cette précision d’importance qui avait échappé à Eawy News et mea culpa à tous et surtout à vous, amis artistes.

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