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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 00:00

Culturel : Film

Harold et Maude

Un film incontournable, qui expose une philosophie de vie, novatrice dans les années 1970.

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Titre original Harold and Maude

Réalisation   Hal Ashby

Scénario       Colin Higgins

Acteurs principaux  Ruth Gordon, Bud Cort, Vivian Pickles, Eric Christmas, Cyril Cusack, Ellen Geer, G. Wood

Pays d’origine          États-Unis

Sortie 1971

Durée 91 min.

L'improbable rencontre entre Harold, jeune homme suicidaire de 19 ans issu de la haute bourgeoisie, et Maude. Elle va apprendre la vie à Harold, ce qu'est la joie, le bonheur et l'amour, ce qu'il n'a pas appris auprès d'une mère froide et stricte.

Le Pitch

Dès les premiers instants du film, l'ambiance est posée. Harold Chasen (Bud Cort) descend lentement les escaliers de sa demeure dans la pénombre et place un vinyle de Cat Stevens sur une platine (Don't be Shy) avant d'écrire un mot qu'il accroche à sa chemise. Enfin, il allume les bougies d'un chandelier avant de s'avancer gravement dans son salon. On ne distingue plus alors que le bas de ses jambes qui, après un mouvement suivi d'un bruit sourd, pend soudain dans le vide. Harold s'est pendu.

 

Quelques secondes plus tard, nous nous retrouvons dans le salon d'Harold avec lui, pendu, au premier plan, et sa mère, arrivant tout juste dans la pièce, au second plan. Elle voit clairement son fils pendu, interrompt une seconde son mouvement puis s'avance jusqu'au téléphone, compose un numéro et dit simplement : "I suppose you think this is very funny Harold" ("je suppose que tu trouves ça très drôle Harold") avant de répondre à une amie au téléphone. Harold entreprend alors de gesticuler et de simuler des râles d'étouffement mais, décidément, sa mère ne s'en émeut guère et quitte la pièce en rappelant à son fils : "Dinner's at eight, Harold..." ("Le dîner est à 8 heures")

 

Plus tard, durant le repas organisé par sa mère, Harold fait en sorte de quitter rapidement la table en prétextant avoir la "gorge toute nouée" ("sore throat") [!]. Lorsque sa mère monte le rejoindre, plus tard dans la soirée, elle découvre avec horreur sa salle de bain couverte de taches rouge sang, avant de découvrir son fils, la gorge lacérée et baignant dans ce qui semble être son propre sang. C'en est trop : "Oh! No! Oh, no... I can't stand it. My God, this is too much! This is too much to bear!" ("Oh ! Non !.. Quelle horreur. Il dépasse les bornes. Je ne peux plus supporter une chose pareille !"). Alors qu'elle disparaît en hurlant et en pleurant, Harold esquisse un sourire...

 

Après cet épisode, sa mère décide d'envoyer Harold chez un psychologue. Une fois achevée sa première consultation, Harold conduit sa chère voiture, un corbillard, pour se rendre à l'enterrement d'un parfait étranger. Il y rencontre Maude pour la première fois.

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Tandis qu'il fait peu à peu la connaissance de Maude, Harold doit se plier aux exigences de sa mère, qui tente par tous les moyens de "normaliser" son fils. Elle lui fait rencontrer des jeunes filles par l'intermédiaire d'un organisme de rencontres : il les traumatise avec de nouvelles mises en scène de suicides. Elle lui achète une nouvelle voiture : il la retape pour lui donner l'allure de sa vieille Hearse. Elle tente de le faire rentrer dans l'armée : il s'en libère en se faisant passer pour un psychopathe assoiffé de sang auprès de son oncle Victor... Autant de scènes irrésistiblement drôles aboutissant toujours à de cuisants échecs.

 

Mais pendant ce temps, Harold se rapproche toujours plus de cette excentrique et pétillante vieille dame qu'est Maude. Ensemble, ils assistent à des enterrements et visitent des décharges de voitures. Ils font des virées dans des voitures "empruntées" par Maude et sèment des policiers tandis qu'ils se dirigent vers la forêt pour replanter un arbre qui étouffait dans le carcan citadin. Maude emmène également Harold dans l'ancienne locomotive qui lui sert de toit. Elle lui fait découvrir son monde empli d'odeurs, de saveurs, de mélodies, de formes et de couleurs. Elle lui montre la vie telle qu'il ne l'avait jamais vue.

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C'est ainsi que Harold tombe amoureux de la vieille dame et s'offre pleinement et naturellement à elle. Et c'est ainsi que, tout naturellement, il annonce à sa mère qu'il va finalement se marier ... à une quasi-octogénaire !

 

Mais Maude en a décidé autrement. Si Harold a une vie à vivre, Maude a une autre forme de l'existence à découvrir. Comme elle le disait au début de l'histoire, 80 ans, c'est un bel âge pour s'éteindre...

 

Ainsi, le jour de son anniversaire, Maude s'échappe paisiblement après avoir absorbé des somnifères. Une ultime fois, Harold, désespéré, feindra de se suicider en se jetant dans le vide. Mais on le retrouve, en haut de la falaise, en train de jouer du banjo que Maude lui avait offert. Il a décidé d'affronter la vie, celle qui est si belle et qui lui fait si peur, en gardant en tête la philosophie et les enseignements de celle qui fut probablement son premier Amour...

 

Fiche technique

Titre : Harold et Maude

Titre original : Harold and Maude

Réalisation : Hal Ashby

Scénario : Colin Higgins

Photographie : John A. Alonzo

Montage : William A. Sawyer et Edward Warschilka

Distribution des rôles : Lynn Stalmaster

Décors : Michael Haller

Costumes : William Theiss

Musique : Cat Stevens, Piotr Ilitch Tchaïkovski (Concert pour piano no 1), Johann Strauss (Le Beau Danube bleu)

Production : Colin Higgins et Charles B. Mulvehill pour Paramount Pictures

Société de distribution : Paramount Pictures

Budget : 1 200 000 $ (estimation)

Langue : anglais

Format : Couleurs (Technicolor) - 1,85:1 (négatif : 1,37:1) - mono - 35 mm

Date de sortie : 20 décembre 1971 (États-Unis)

Date de ressortie : 8 avril 2009 (France)

 

Ce film renverse toutes les idées reçues, Maude 79 ans donne le goût de vivre à Harold. Maude serait-elle précurseur des cougars. Non, certainement pas, l’histoire est trop jolie, trop poétique pour être salie par une histoire de fesse. Là, se déroule une histoire d’amour non conventionnelle, certes, mais une histoire d’amour avec un grand   A, n’en déplaise aux moralisateurs.

 

Pour terminer, il est indispensable de mettre en exergue la musique et les textes de Cat Stevens. Si le film est indissociable de la musique, la musique est mise en valeur par le film.

 

 

Ce film est indispensable dans une culture de cinéphile avertit.

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Published by ben.m - dans culturel
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